Lemonade

Beyoncé a fait son retour sur le devant de la scène musicale  avec « Lemonade« . Un autre album surprise – le 6ème d’ailleurs – dans les mêmes dispositions marketing que le précédent, proposé juste après la diffusion d’un film regroupant tous les clips de l’album sur HBO. Après bientôt presque 20 ans de carrière, Beyoncé prend un nouveau tournant avec ce nouvel album qui suscite bien des choses, tant sur les thèmes abordés, la rythmique mais aussi sur les positions qu’elle porte à travers ses titres.

beyonce-lemonade

Lemonade, c’est avant tout un film de 50 minutes, qui ressemble d’ailleurs plus a un documentaire historique mélodramatique, mais là encore la reine du RnB à bien compris que tout est une question d’image et je dois bien reconnaître qu’elle a eu tout bon. Dans ce film un peu long et parfois pompeux soyons honnête, la star se montre sous un nouvel aspect, un retour à des origines africaines avec ces tenues et maquillages ethniques qui semble lui tenir à cœur car depuis 2008 la chanteuse semble intégrer cette aspect d’elle-même de plus en plus dans ses clips, comme dans « Run the World » où elle invite 3 danseurs mozambicain repérés sur la toile qui ont inspirés la star pour sa chorégraphie, également dans « Grown Women » inspiré par Tiwa Savage, on observe aussi que dans sa vie de tous les jours elle porte parfois des pièces très ethniques.

L’album est en soit une déclaration personnelle et artistique créée pour conduire la communauté noire, rétablir un ordre, apporter une vérité, prendre position, affirmer ce qui était caché, mettre en avant ce que tout le monde voix mais n’ose en parler, oui mais voilà tout est dit et néanmoins ça reste léger voir flou. Dans un des moments incontestables du film, Sybrina Fulton mère de Trayvon Martin, la mère d’Eric Garner Gwen Carr et Lezley McSpadden mère de Michael Brown sont vus pleurant la perte de leurs fils assassinés par la police américaine. Il y a aussi la question de la force ou rébellion, on peut voir ces femmes habillées comme les « Black Panthers » ce mouvement révolutionnaire afro-américain formé en Californie le 15 octobre 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton militant pour la cause « noir » aux États-Unis du fait d’un accroissement des tensions entre la police et la population noire, très d’actualité et qu’elle met en image avec cette belle et forte femme noire de caractère qu’est Serena Williams.

Les critiques ont toujours été clémentes avec ses albums tel est le cas avec ce dernier opus mais après avoir écouter et re-écouter les 12 morceaux et malgré que j’adore le travail réalisé dans le clip, les paroles me trouble quelque peu, j’aime me déhancher sur ces morceaux, faire jaillir ma voix de crécelle sur ses hits et j’avoue l’avoir fait sur Lemonade (je le fais encore d’ailleurs) mais à force de l’écouter je me suis demandé de quoi il s’agit exactement ? Dans les faits les textes sont très explicites et relatent de la vie des femmes africaines, des évènements tumultueux intervenus ces derniers mois aux USA, de l’inégalité entre les blancs et les noirs qui persiste dans ce monde et elle le dépeind très bien dans ce disque. Il est également question d’existence, de métissage, de culture, de racine à croire qu’elle a mit en image les questions existentielles les plus profondes qui la tourmentent.

Beyoncé c’est une voix avant tout, elle le sait et ne nous en prive pas mais sur cet album qui est d’un genre nouveau par rapport à ce qu’elle a l’habitude de nous offrir, elle s’invite dans un registre plutôt rock, pop, country voir reggae comme sur le titre « Hold Up » que j’adore ou encore 6 Inch en feat avec TheWeeknd qui a un flow très divergent !! Si vous entendez ces sons à la radio sans au préalable savoir que c’est elle qui chante, vous risquez soit de ne pas la reconnaître tant c’est pas son genre ou de ne pas aimer parce que c’est à mille lieu de ce que vous avez l’habitude d’entendre à croire que cet album où Formation est une vraie chanson que la black population ne peut que kiffer est écrit pour que tout le monde sache et comprenne que #QueenB ce n’est pas seulement une voix du RnB.

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Le Roi et la Reine du RnB ont toujours eu cette habitude de ne dévoiler aucun aspect de leur vie privée si ce n’est des photos bien étudiées qui font toujours le buzz, et voilà qu’elle nous déballe enfin sa vie mais là encore est ce qu’on parle d’une vie « imaginaire ou réelle » telle est la question n’est-ce pas ? Parce que oui on a tous entendu des rumeurs selon lesquelles Mr Carter aurait trompé Mrs Carter mais cela n’a jamais été certifié, ni par l’un ni par l’autre alors que de suspicion quand on écoute les titres et qu’il est principalement question de ça dans plus de la moitié des morceaux de l’album. Connaissant bien la bête, il est impossible de concevoir que ces textes sont du simple fait de vouloir partager sa vie (on ne lui en veut pas qui aime ça !) ou de nous faire du son en mode « SWIF », c’est à l’évidence et encore une fois une maîtrise de la communication à la Beyoncé, il est sûre que cela est fait de manière à inspirer les femmes, beaucoup se reconnaîtrons au fur et à mesure de l’écoute du disque et certaines se sentirons plus forte mais quel est le message de ces titres, l’inconvénient de l’album mis à part qu’il n’est pas spécialement structuré quant à la rythmique c’est le message qui est délivré parce que d’un côté on a une femme sexyste, puissante, narcissique même égocentrique alors qu’elle s’adresse à des femmes blessées, humiliées parfois même battues, ok vous allez me dire mais c’est que des chansons il n’empêche qu’elle est un exemple pour tout une génération et quand j’entends : « je vais pardonner mon mari, nous allons travailler sur nous et notre famille et tout le reste est sans importance, » mais aussi « j’ai la meilleur – pussy -, je suis la plus mauvaise des sal@p#s », « Fuck Becky », « pour qui tu me prends ? » ; « je te pardonne à toi, mais pas elle » …. c’est assez contradictoire on est entre le black power ou je casse tout et j’emmerde tout le monde et la raison qui lui fait dire qu’il a fauté mais je lui pardonne on efface tout et on recommence. Si Beyoncé, la visionnaire pop pour la responsabilisation féminine de la femme noire est enclin à pardonner (prétendument bien sûre tout n’est que spéculation) alors pourquoi pas l’autre femme au compte bancaire plus que dégarni ne pardonnerai-t-elle pas à son conjoint sa tromperie?

Bref, chacun à son avis sur la question,  ce que je retiendrai de cet album est sans conteste le film, car LEMONADE fonctionne comme un manuscrit voir même un palimpseste. C’est un ensemble de plusieurs thématiques, et chacune d’elles possèdent sa propre interprétation. Lemonade parle principalement aux femmes noires en invoquant une histoire, une façon de vivre, une culture, des coutumes mais surtout un vécu qui lui est bien réelle puisque la femme noire est constamment dénigrée voir insignifiante aux USA.

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La personne la moins respecté en Amérique est la femme noire – Malcom X

C’est une histoire  intemporelle et sans fin  racontée musicalement dans cet album qui est pour moi l’un des meilleurs de la star qui par le biais de son art nous livre sa position sur un combat contre une improbité qui n’a que trop durée !

« I had my ups and downs but I always find the inner strength to cool myself off. I was served lemons, but I made lemonade. »

I break chains all by myself
Won’t let my freedom rot in hell
Hey! I’ma keep running
Cause a winner don’t quit on themselves

Je brise toutes les chaînes moi-même.
Je ne laisserai pas ma liberté pourrir en enfer.
Hey ! je continue à courir
parce que les vainqueurs ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes.

@Be

 

 

 

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